Depuis que je traine mes “guêtres” dans le secteur de l’IT et de la prod. média, j’ai toujours entendu le discours de la “double compétence”, entre techno et marketing, entre développement et networks, etc… Mais cette tension entre des compétences complémentaires, voire “transverse”, se trouve aujourd’hui exacerbée par le développement de la convergence média. Chaque métiers interprète à sa manière ce phénomène et le traduit, au mieux, pour le cadrer avec son référentiel métier.
Mais quel délice sémantique et d’interprétation diverse du sujet, à l’écoute de mes interlocuteurs: les publicitaires parlent de “digital”, les web agency font le rapprochement entre mobile et site web; les prestataires informatique se basent sur l’extension de la TOIP/VOIP, pour vous parler de V.O.D et d’IPTV, rejoignant, ainsi les projets techniques des diffuseurs TV, de mise à disposition de leur programmes TV, en VOD ou en diffusion IP dans le cadre des offres triplePlay des fournisseurs d’accès ADSL. Enfin, les éditeurs qui souhaitent exploiter leur BD et romans de manière dématérialisé, tout comme les “opérateurs urbains” hésitant entre bluetooth et wifi, pour les interactions entre le passant le mobilier urbain… (j’en ai encore sous le coude, si vous voulez…)
Bref, entre mise en place de serveurs de diffusion vidéo/voix, les cliques à rebond entre mots clés et bandeaux publicitaires et les interactions physiques pour “actionner” un service numérique (…), on peut constater que ce n’est plus de la double compétence qu’il faut avoir, mais c’est un cube de compétences multidimensionnelles, avec (hypra important) une posture intellectuelle, “d’agilité” et de “curiosité” technico-fonctionnelles!
En gros:
- savoir produire ou piloter la production de contenus (écriture et technique)
- super maîtriser le périmètre technologique de la solution et son architecture
- être en permanence aux aguets du marché, du modèles économiques et l’expérience utilisateur (donc être un fondamentalement “marketeur”)
- avoir la capacité de combiner des techno., des milieux, des écosystèmes d’usages pour “voir” ou “fulgurer”, the killer app/system/content…
Bien entendu, il y a préalable obligatoire: l’ouverture d’esprit! Ainsi, les pro techno, les pro marketing ou les pro quelque chose (qui cloisonnent eux même, leur périmètre d’analyse…), ne peuvent trouver place dans un tel schéma. En effet, on parle plus de “projet ambiant aux compétences agrégées” et renvoi les schémas classiques de la MOA vs MOE, au traitement poussiéreux des projets, dont les travers, bien connus, nous ramène régulièrement au rapport d’incompréhension et de défiance entre marketing (MOA) vs technique (MOE)…
D’ailleurs, j’apprécie tout particulièrement les initiatives de mise en place d’organisations d’équipes transverses , articulée entre différents métiers, comme la démarche d’« innovation bazar » de Didier Lombard (PDG d’Orange France-Télécom), illustrée par la mise en place des équipes projet 3P ( trois compétences associées : R&D, marketing et architecte), au techno-centre d’Orange. SFR, Bouygues et d’autres acteurs de l’industrie des technologies et de l’informations, ont aussi intégré cette approche, qui du reste est un thème phare dans les “reco” des cabinets de conseils en stratégie: faire du Time To Market, du Zero Biz Latency… c’est forcement avoir des métiers, des méthodes prioritisant l’agilité d’esprit avec une posture “user centric value added”.
On peut constater, combien il est nécessaire d’être en rupture de méthodes de travail et de pensées, pour être efficient dans le design de solutions et de stratégies dans le champ de la convergence média et de ce nouvel espace d’opportunités incroyable où l’IT, les télécom et les média se rencontrent. Il faut donc éduquer et évangéliser sur ce sujet: c’est tout l’objet de ma démarche dans ce blog, avec l’évocation de mon parcours et projets professionnels.